Peut-on gérer un club comme une start-up ?

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Dans un paysage sportif en constante mutation, la performance ne se limite plus au terrain. Face aux impératifs économiques, à la quête d’engagement des fans et au besoin d’innover en continu, les structures sportives, qu’elles soient professionnelles ou amateurs, affrontent des enjeux de gestion inédits.  Dans ce contexte, le modèle de la start-up, agile, disruptif et orienté vers la croissance, pourrait offrir aux clubs une véritable feuille de route pour leur développement.  

L’ADN de la start-up appliqué au club sportif : agilité et vision

L’accélération des transformations dans l’industrie du sport impose de repenser les modèles organisationnels. Comme les start-up, les clubs doivent décider vite, s’adapter et offrir une valeur immédiate à leurs fans.  

Lean Management et structure agile

Les clubs sportifs évoluent souvent dans des organisations historiques, verticales et peu flexibles. Pour rester compétitifs, ils doivent adopter une logique de Lean Management inspirée des start-up.   L’objectif est clair : réduire ce qui n’apporte pas de valeur, optimiser chaque processus et recentrer les efforts sur le “client”, ici le fan ou l’adhérent.   Brentford illustre cette gestion agile. Grâce à une structure légère et pilotée par la data, le club a optimisé son recrutement et limité les dépenses inutiles. Cette stratégie a permis une montée en Premier League en 2021, puis un maintien durable malgré l’un des budgets les plus faibles du championnat.  

La culture du Growth Hacking et l’objectif de croissance

Comme les start-up, les clubs doivent viser une croissance rapide. Ils doivent construire une fanbase, générer des revenus, gagner en visibilité, collecter de la data et fédérer une communauté.   L’Olympique de Marseille en offre un exemple clair. Avec une stratégie sociale media offensive, fondée sur TikTok, YouTube et des contenus exclusifs, le club a élargi son audience internationale.   Cette démarche s’inscrit dans une logique de growth hacking, fondée sur des formats courts, des activations virales et un marketing communautaire.   D’autres clubs misent aussi sur le digital pour rajeunir et internationaliser leur public. L’AS Monaco a adopté des campagnes CRM, du storytelling et des contenus multilingues. Cette trajectoire évoque la croissance rapide des entreprises tech.   

L’innovation au cœur de l’expérience fan et de la monétisation 

Les start-up placent l’UX au centre de leur produit. Les clubs doivent faire de même et considérer que leur “produit” principal n’est plus seulement le match, mais l’ensemble de l’expérience qui l’accompagne.L’expérience fan comme produit (UX/UI)Le Tottenham Hotspur Stadium illustre cette vision. Conçu comme un service digital, il propose une application intelligente, un paiement dématérialisé, un Wi-Fi très rapide, des interactions en direct, des buvettes optimisées et des espaces modulables pour concerts et événements. Ce stade est devenu une référence mondiale en matière d’innovation.   Le FC Barcelone suit cette dynamique avec le projet Espai Barça. Le club repense le parcours utilisateur (UX), modernise les hospitalités et intègre des outils interactifs. Les cours de PPA SPORT permettent aux étudiants de créer des agences et d'acquérir une expérience concrète. 

Diversification des sources de revenus (business model)

Comme les start-up, les clubs doivent inventer de nouveaux business models pour diversifier leurs revenus. Le PSG illustre cette diversification en devenant une marque lifestyle mondiale. Le club s’appuie sur un partenariat stratégique avec Jordan Brand, développe des collections premium, crée des contenus digitaux exclusifs et ouvre des boutiques à l’international, notamment à Tokyo et Séoul.   Cette stratégie rapproche le PSG d’une DNVB grâce à l’image, au storytelling et à la fidélisation communautaire. La Juventus innove aussi. Le club a été pionnier dans l’usage des Fan Tokens via Socios.com. Cette approche ajoute une nouvelle forme de monétisation fondée sur le Web3, la gamification et l’engagement direct des supporters.   

Le capital humain et l’investissement stratégique

Les clubs doivent attirer les meilleurs talents, comme les start-up. Le capital humain est leur principal atout.

Recrutement, rétention et marque employeur

Le groupe Red Bull, avec ses clubs comme RB Leipzig ou Salzbourg, adopte une stratégie RH moderne : attractivité pour les jeunes talents, culture d’entreprise unifiée et recours massif aux experts en data et sport science. Ce fonctionnement se rapproche de celui des entreprises tech les plus performantes.  Le Bayern Munich, pour sa part, mise sur une stabilité managériale exceptionnelle et une culture interne forte, lui permettant d’attirer naturellement les profils les plus compétents du sport business. 

Le “Seed Round” du sport : investir dans la formation et la data

Comme les start-up, les clubs doivent investir massivement dans la formation et la data pour une compétitivité durable. Le FC Midtjylland est un pionnier européen dans ce domaine, bâtissant ses performances sur des algorithmes d’analyse et l’optimisation des coups de pied arrêtés. Cette stratégie data-driven lui permet de rivaliser avec des clubs aux budgets bien supérieurs.  Le Benfica Lisbonne a, quant à lui, investi dans l’un des centres de formation les plus performants au monde, combinant infrastructures de pointe et analyse scientifique pour détecter, former et valoriser les jeunes talents, générant ensuite des ventes record sur le marché des transferts.   En formant les managers de demain à ces méthodes, PPA SPORT contribue à l’émergence de ce nouveau modèle managérial. Les étudiants y apprennent à allier rigueur stratégique, créativité et maîtrise des outils digitaux et analytiques. L’objectif : transformer les clubs en organisations modernes, agiles et orientées performance. L'avenir du sport unit terrain, tableau de bord, passion et innovation.

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